vendredi 3 juillet 2009

From me to you


P

Ceci pourrait être une pipe mais ce n'est pas le cas. Ce n'est pas non plus la lettre "p", c'est juste une pensée pour Caroline...

mardi 7 avril 2009

Je ne suis pas le roi des fourmis

Ce n'est pas de ma faute si je n'écris plus ici!
... heu...
c'est parce que je ne pouvais pas! Voilà! En fait, j'avais égaré mon mot de passe. Mais si!
C'était il y a quelques semaines, quand les beaux jours sont arrivés, j'avais décidé de laisser la fenêtre près de mon bureau ouverte pour profiter de l'air doux. Je finissais de rédiger une note tout en mangeant du chocolat. J'arrive à la fin, je veux la poster mais comme je venais de réinstaller de fond en comble les bidule-machin-trucs qui servent à faire fonctionner mon ordinateur, il me fallait mon mot de passe que je garde précieusement inscrit sur un morceau de papier. Il a fallu que je cherche le papier, les doigts pleins de chocolat et quand j'ai mis la main dessus, je l'ai généreusement tartiné avec des empreintes digitales à 75% de cacao. Comme je vois que j'en mets partout, je pose mon petit bout de papier sur le bureau et je vais faire un tour vers la salle de bain. Qu'est ce que je vois à mon retour? Une fourmis qui part par la fenêtre avec le bout de papier chocolaté entre les mandibules!!! Mais si c'est vrai!... Bref, j'ai quand même eu le temps de noter son immatriculation:
"Lasius niger n°1".
Je saute par la fenêtre, cours mais malheureusement, alors que j'étais tout proche de refermer la main sur la voleuse et mon papier, elle s'éclipse dans l'entrée d'une galerie qui devait mener soit aux pays des merveilles ou dans une fourmilière.
Mais je ne me suis pas dégonflé! Je ne pouvais pas laisser ce mot de passe m'échapper et laisser mes lecteurs comme ça, sans notes pendant des mois... (légère toux)
A ce moment là, j'ai eu une idée de génie! Je me suis souvenu que la reine d'une colonie de fourmis rouges, rivales des noires à qui appartenait la voleuse de mot de passe, me devait une faveur: L'été dernier, dans un élan de générosité, j'ai offert à ces fourmis une tartine de confiture d'abricot qui de part sa taille, leur à permis de faire un festin de plusieurs jours. Je vais donc demander de l'aide à la reine rouge et là, qu'est ce qu'elle me dit lors de notre rencontre? Que la dite tartine n'était pas un "cadeau" mais un accident et qu'elle pouvait, si je ne voulais pas l'admettre, faire venir une bonne trentaine de fourmis qui m'auraient soit-disant entendu dire "Saperlipopette!..." quand j'ai lâché la tartine sur leur fourmilière.
Malgré ce coup au moral, (quand même m'accuser de mensonge...) je suis allé, faute de mieux, négocier avec l'ennemi. Même si ça semble incroyable, et bien j'ai été obligé de verser une sorte de rançon pour récupérer mon bien! J'ai du fournir aux fourmis des tablettes du même chocolat suivant les modalités suivante:
Une tablette contre 5% du document, renouvelable jusqu'à restitution totale du papier "emprunté" pour reprendre leur mot. Le pire est qu'elles m'ont lancé quand je partais:
"Et pas d'huile de palme! Du 100% beurre de cacao!".

Du coup, je viens juste de le récupérer ce qui explique mon silence.
...
Bon, d'accord, j'ai peut-être un peu inventé mais la vraie raison c'est que mon chien est mort.
...
Oui, encore un mensonge mais c'est juste que la réalité est moins "drôle" que des histoires de fourmis mangeuses de chocolat.
Si j'écris moins c'est surtout parce que pour le moment c'est un peu le ciel gris de mon coté. Une période un peu délicate à traverser puisque beaucoup d'incertitudes planes au dessus de ma caboche. Dans ces moments là, je réagis comme je peux et souvent, je prends l'option silence radio avec la ferme envie de me faire le plus petit possible pour passer entre les gouttes. Technique qui n'a jamais fait ses preuves...
Plutôt que d'écrire des notes tristes qui feraient fuir les trois-quart de mes visiteurs et qui transformeraient mon journal en "les suicides écarlates" ou "Les déprimes étincelantes", titres qui, vous en conviendrez, sont tout de même moins classes que "les murmures anthracites", titre objectivement génial, je garde le silence.
Mais comme c'est le printemps, que je ne résiste pas aux gentils commentaires et que j'ai encore des bricoles à raconter et que les fourmis m'ont rendu le papier...

to be continued...

lundi 23 février 2009

A picture for C.


(clic)

Avec une pensée particulière pour Caroline, à notre discussion à propos de nuages noirs, de lumière et d'or...

ps: et l'occasion de te redire merci pour le "blog award"

vendredi 20 février 2009

Quel temps as-tu à Ulm? Moi, mon coeur est gelé

Comme on attrape un insecte entre ses doigts, je viens de refermer les mains sur un petit grain de courage qui virevoltait en moi depuis le début de journée. Grâce à lui, j'ai l'impression que pour la première fois depuis des jours je me sens assez de force et de déraison pour tenter d'écrire quelques mots et ouvrir les portes derrière lesquelles j'ai trouvé refuge ces derniers temps. Mon texte aura peut-être quelques ratures et le regard une fois encore tourné vers le passé mais il faut bien poser ses mots quelques part. Je suis certains qu'écrire ce soir va encore me laisser un peu triste; c'est toujours un peu comme ça quand on remue la vase mais si pour sortir de ce silence je dois accepter de laisser un peu de peau aux bons soins de la mitraille, qu'il en soit ainsi!

Dans la maison, il y a deux endroits où ranger les souvenirs. Le premier est une sorte de cave, on y accède après avoir déverrouillé à l'aide d'une grosse clef, une vieille porte de bois brute. Il faut aussi une pincée de courage parce qu'on sait bien qu'une fois entrouverte, une fois le premier pas fait, on entre dans le royaume d'en bas. On sait bien aussi une autre chose, que les monstres des dessous de lit et des couloirs noir y trouvent refuge lorsqu'on grandi. Tout est un peu inquiétant ici en bas...
On descend dans cette gorge sombre par un escalier, une main en appuie sur un mur humide, l'autre portant une lampe.
L'odeur de moisissure et de rance est partout. C'est là qu'on mets les souvenirs qui blessent, qu'on ne veut pas voir mais dont on ne peut se débarrasser, aux milieu des monstres qui apparaissent dans les recoins lorsque la flamme tremble un peu. C'est là, dans une moiteur froides que ces souvenirs terminent de rendre leur jus.
Il ne faut pas perdre la grosse clef parce qu'elle sert autant à ouvrir qu'à enfermer...

Le grenier est le second lieu où déposer les souvenirs. Tout est différent ici. On entre avec une jolie petite clef qui malgré son grand âge n'a rien perdu de son élégance. Elle brille et pourrait parfaitement faire le bonheur d'une pie chapardeuse. Le grenier est le lieu des histoires et des rêveries, il a l'odeur des choses anciennes et de la poussière. Il sent comme les livres dont les pages ont trop longtemps dormis dans de belles bibliothèques. Le grenier a deux petites fenêtres rondes qui donnent à la maison quand on la voit de loin un air boudeuse. En regardant à travers l'une d'elles ont peut voir la campagne, des près d'herbe verte à perte de vue. Des arbres fruitiers aussi. Sur l'ensemble du sol, il y a de vieux tapis dont les couleurs semblent elles aussi être endormies...
On range ici les souvenirs qu'on aimerait garder le plus longtemps possible auprès de soi. Il faut alors en prendre soin parce qu'il veulent toujours s'échapper, prendre la petite clef qui brille et s'en aller. C'est leur nature d'être volatil, c'est la notre de vouloir les retenir. Ici aussi la clef sert à enfermer... il ne faut pas la perdre.

J'en étais là dans mes réflexions quand je fus ramené à la surface par une délicieuse sensation: Le thé qui infusait avait laisser échapper dans l'air un serpent aux écailles parfumées. Il avait du onduler dans toute la pièce pendant mon "absence". J'avais l'impression d'être dans une chambre aux fruits rouges.
En versant le liquide dans ma tasse, je me suis demandé où j'allais ranger les restes des mois passés et la pile encombrante de souvenirs qui allait avec. Je me suis posé cette question mais sans espoir d'avoir une réponse puisque de toute façon je ne suis pas là, absent depuis des semaines à tout ce qui peut arriver et en premier lieu, absent à moi même. Ce dernier point n'étant pas une bonne chose puisque je suis le premier concerner en principe par ce qui m'arrive. La tête dans la lune, oui, j'y suis! L'esprit parti en voyage vers le passé d'un autre pays, oui, là encore, on peut me trouver! Ici ou là mais pas au bon endroit pour affronter la marche des jours. Bien que ce qui va suivre peut apparaitre comme le premier acte d'une folie naissante, j'ai décidé de m'envoyer une lettre, me demandant de revenir à moi puisque tout seule, je ne pouvais arriver à mettre de l'ordre dans mes papiers. Je me suis donc retrouver, un soir, dans une chambre aux fruit rouges et sous les yeux d'un serpent parfumé à m'écrire une lettre:

Cher Mick Kelly,

Quel temps as-tu à Ulm? Moi mon cœur est gelé et c'est pourquoi je t'écris. Même si c'est peu agréable, j'ai besoin d'être entier pour affronter les temps à venir et comment y arriver si une partie de moi, toi, se promène dans le passé, à fréquenter je ne sais qui et je ne sais où? Je sais que les derniers mois n'ont pas été simples, je le sais puisque j'étais là. Je n'ai pas oublié cette journée de décembre, il y plus d'un an, qui n'aurait certainement été qu'une date vide de souvenirs parmi d'autres si elle n'avais pas eu l'idée de mettre une jolie petite robe noire, une de celles qui dévorent le cœur. Elle était si belle n'est ce pas? Comment faire autrement que de l'enlacer? Mais les mots sucrés que sa voix laissait dans l'oreille se transformèrent rapidement en poison, rendant chaque secondes coupantes comme des lames, transformant chaque respiration en douleur. Je sais aussi qu'elle avalait l'espoir à grandes bouchées mais il ne fallait rien dire et faire semblant de continuer. Je sais également que cette journée à eu une jumelle vers juin. Est-ce là que les premières gelures sont apparues?
Aux cotés de ces deux succubes il y a eu tout le reste qui a suffit à montrer qu'on n'est finalement jamais vraiment prêt, même en passant des heures dans des livres pour apprendre comment ça marche, à affronter les choix qu'il faut faire lorsqu'on décide d'entrée dans la mécanique de la vie. Ne pas être capable de la hauteur qu'on imaginait être la sienne et constater qu'on perd ses moyens quand la peur se fait trop présente. Tout ça est assez positif au fond, ça permet d'apprendre mais le cœur à la mémoire des coups reçus...
Trop de courses sur des chemins inconnus, des battements trop forts aux sons de notes heureuses ou mélancoliques, passant des unes aux autres sans prendre le temps de se reposer, voilà ce qui fragilisé ce cœur tout au long de ces mois. Quand est arrivée à la fin de l'année une petite déception, minuscule tout est devenu froid. Les palpitations se sont faites de plus en plus faibles au fur et à mesure que la température baissait. Le cœur s'est dit: "Il faut dormir" et a gelé.
Je sais au départ que tu n'étais pas inquiet et c'était plutôt agréable de ne rien sentir, d'entrer dans des jours calmes, attendus comme un réveil après un cauchemar trop long. Profiter de ce temps pour s'éloigner de tout ça, partir et voyager vers des ailleurs certes plus vaporeux mais charmants à ce moment là. Être avec Cyrano, marcher le nez au ciel. Parcourir l'Europe dans les distances et le temps, se mouiller le bout des doigts et tourner des pages d'histoires magiques.
Mais sans un cœur tout ça fini par être vide. Tu comprendras n'est ce pas?
Amicalement,

M.K.


Petit à petit, après cette période où je n'arrivais pas à être là, n'arrivant pas à écrire deux lignes à sortir quelque chose de moi même pour donner de simples nouvelles à des amis, je suis revenu à moi. J'étais apaiser, comme si tout ça avait été un chemin à emprunter pour continuer sur une meilleur route. Et j'ai eu aussi une visite, une nuit d'un petit ange roux. C'était dans un rêve, je ne m'en souviens plus de façon précise mais je sais avoir croisé cette personne pour la premier fois dans une sorte de bar, j'étais avec plusieurs autres étudiants, (car il semblait que c'est ce que j'étais dans ce songe) quand elle est entrée. Elle s'est dirigée vers notre petit groupe et s'est plantée devant nous en demandant si quelqu'un voulait l'accompagner pour faire je ne sais plus quoi. Je revois très bien ses grands yeux verts, sa frimousse. Comme je ne suis pas homme à résister à un petit bout de nez habillé de taches de rousseur, j'ai tout de suite dit oui! (on notera, quel courage!). On s'est retrouvé à marcher vers un terrain vague, très poussiéreux. Le sol était comme ceux qu'on vois dans les westerns. Il y avait entre nous ce qu'on pourrait appelé un début de "truc", avec les regards qui se croisent et les sourires qui naissent pour un oui et pour un non. On discutait de l'avenir, du fait qu'elle habitait Paris et moi ici. Je me souviens qu'elle est partie ensuite en me disant "ça serait plus simple si tu avais ce concours". Je ne raconte pas la suite de ce rêve car inutile et trop... "rêve" pour être écrite ici. Sachez juste que j'ai du échanger deux baguettes de pain en échange d'aide pour retrouver mes chaussures.
J'ai pris cette rencontre nocturne avec ce petit ange comme une invitation à m'investir à nouveau dans le concret. Garder dans un coin de la place pour les voyages oniriques, pour les lectures et pour passer du temps à rêver mais sans oublier de ranger les souvenirs et de regarder à nouveau vers l'avenir.

Pour m'excuser d'écrire des notes déprimantes qui partent dans tous les non-sens, je partages avec vous un moment de parfaite perfection.

ps: Pendant un de mes voyages dans le passé de l'Allemagne, j'ai fait une rencontre importante pour moi. Je vous en parle bientôt...

mardi 3 février 2009

Corsaires et moutons

-Prenons un élément A: Il est assez raisonnable qu'en présence de poudre à canon, on ne fasse pas de "tic tic" avec des silex à proximité
-Suit un élément B: Le cadenas de ma malle aux souvenirs s'ouvre pour un oui pour un non.
-Intervient un lien Eleanesque entre les deux: Article "Totale Régression"

Voilà qu'après un bruit sourd de détonation accompagné de vapeurs mauve et verte, cette réaction du croisement de A et B me donne envie d'écrire sur la problématique des dessins animés de mon enfance. Problématique? Oui, car il y a bien matière à dire sur ce sujet et pour l'aborder, je vais faire une petite manœuvre et l'attaquer par derrière (oui, je suis lâche).

Il y a quelques années, j'ai acheté un petit livre "Librio" à 10 francs, recueil de nouvelles de Science-fiction préfacé par Michel Le Bris. Autant poser une base, cet homme je l'admire pour ses écrits et pour ce qu'il est. Dans sa préface, il met en avant la place que la SF et les autres "sous genre" comme le roman noir ont dans la littérature pour certains atrophiés du bulbe (on devine un peu dans quel camp je prends place): aucune, elle n'est rien...
Je combat de toutes les fibres de mon être ce genre de conneries. Il y a une sorte d'aristocratie intellectuelle qui décide de ce qui est bien, de ce qui a sa place dans les arts et ce qui n'est qu'un divertissement, une blague. Je hais ces gens qui ont un petit rictus en voyant que vous portez sous le bras un exemplaire de l'ile au trésor car à leurs yeux, mieux vaudrait la lecture d'un de ces auteurs peine à jouir de la littérature contemporaine française. J'ai déjà croisé ce genre de mouton et c'est un régale de discuter avec eux. Ils lisent des livres qu'il ne comprennent pas mais sont près à louer leurs louanges car il est entendu que ce qu'ils viennent de non-lire est un chef d'œuvre! Ils sont dans le "vrai" puisque tout le monde le reconnait... Je ne leur en veux pas, qu'ils préfèrent fermer les yeux sur leur vide et s'habiller des pensées des autres c'est leur affaire mais quand un de ces petits là me tourne en ridicule parce que j'aime lire Stevenson, de la bande dessinée ou parce que je mets à l'équilibre dans mon microcosme les Beatles et Vivaldi, là, je n'ai qu'une envie, les embrocher par lot de 10 avec une canne épée.
Tout est là, ne pas reconnaitre le génie d'un auteur ou l'importance d'un genre sous prétexte que certains les ont rangé dans la catégorie des sans intérêt.
Mon but n'est pas d'ouvrir un débat sur l'art, sur ce qui entre ou pas dans cette catégorie ou de savoir qui a l'archet le plus long entre tel ou tel musicien. Je veux juste faire valoir mon droit à lire ce que certains pensent méprisable, à dire que d'avoir grandi en lisant les aventures de Tintin ne fait pas de moi quelqu'un d'inférieur à un enfant qui aurait eu comme histoire du soir Homère...

Je ne pense pas qu'il serait sage que je continue à enfoncer le clou en prétendant qu'Albator est un personnage qui en vaut bien d'autres mais à mes yeux, c'est pourtant le cas! Voila qu'arrivent les dessins animés de notre enfance...enfin, l'enfance de ceux qui ont à peu près mon âge. Là encore nos pauvres héros qui nous ont accompagné pendant les mercredi après midi s'en sont pris pleins la poire! Pourtant, il me semble que d'avoir grandi avec eux n'est pas une si mauvaise chose. Évidemment, les productions n'étaient pas égales dans la qualité et dans la profondeur mais pour les meilleures d'entre elles, il me semble qu'elles nous ont nourri et de bonne façon! Si j'ai eu envie un jour d'ouvrir un Atlas et de regarder à quoi pouvait bien ressembler l'Amérique du sud dans le détail, c'est grâce à un dessin animé et si un jour j'ai compris qu'il y avait un peu d'ombre en nous, c'est là aussi grâce à un dessin animé. Il me semble également que si j'ai le goût de l'imaginaire ou qu'à mon grand âge j'aime encore les fées, c'est aussi j'en suis sûr, un peu grâce à eux...

Edit: un lien vers la fameuse préface.

mardi 23 décembre 2008

Télégramme

Ne suis pas mort! -stop- Tente de revenir bientôt -stop-
Ai fait un voyage peu agréable ces temps-ci -stop-
Vous dit à bientôt -stop-

jeudi 4 décembre 2008

Quoirinophone

Avec des si, on pourrait croire que le "Quoirinophone" fut inventé par un scientifique anglais, le professeur Edward W. Blakfield Twiddy.
Avec des si, il aurait été un bien étrange homme dont l'existence toute entière n'aurait été dédiée qu'à l'étude de deux sujets: Les tartes aux pommes et les questions. Alors certains auraient dit de lui qu'il était un homme étrange, une sorte de doux rêveur. D'autres diraient qu'il était simplement anglais... Toujours est-il que c'est en essayant de réunir ces deux centres d'intérêts que cet homme aurait crée le Quoirinophone. Cette machine, toujours avec des si, pourrait fournir une réponse à la question qui tenait le plus à cœur à ce professeur: Comment réussir la meilleure tarte aux pommes de tous les temps? Après d'obscures réglages et quelques tours de clefs, le Quoirinophone donnerait la réponse...
Tout ça serait vrai si ce n'était pas là une tentative de ma part pour donner au mot "Quoirinophone" une histoire. Parce que ce mot n'en a pas, ce qui est triste. Ce mot est simplement sorti de ma caboche quand j'ai pensé aux longues liste de questions qu'on a parfois sous les yeux. Ce mot n'a pas d'histoire mais il a un rôle important puisqu'il remplacera à présent le mot (un peu laid) "taggé". Ce mot est plus joli et plutôt que de dire que j'ai été taggé, je pourrais écrire quelque chose comme: "Junko a tourné la clef du Quoirinophone". J'utilise cet exemple car c'est Junko qui ouvre cette nouvelle ère. Je parle , je parle mais il est temps de répondre aux questions qui sont sorties de la machine!

Quelle est la première image qui se présente à vous quand on vous parle de votre enfance?
La première image de l'enfance serait comme celle d'un kaléidoscope ou d'un patchwork. C'est une mixture de souvenirs, de moments plus ou moins clairs. Impossible de dire où ils se situent dans le temps. Mais mes premiers souvenirs sont ceux d'un escalier près d'un mur bleu pastel ou celui d'une cheminée et du parfum du feu que je n'ai malheureusement connu que dans l'enfance justement. Il y a une toile d'araignée qui m'empêche de prendre mon vélo dans la petite remise, les grands arbres du cimetière, toujours inclinés par du vent qui se trouvent de l'autre coté de la route (dans mes souvenirs, moins certains d'un point de vu géographique) derrière ma maison. Il y a un chat tigré et une petite voisine que je rejoins en me glissant dans le trou du grillage qui sépare nos deux jardins.

La mort frappe à la porte. Que choisissez-vous d’emporter dans l’autre monde?
Je lui demande de me donner une valise "outre-monde" qui a la capacité de contenir plus d'objets que ne le laisse deviner ses dimensions. J'y mets mes livres, mes disques, certains de mes objets et je prends une tonne de thé de tous les parfums possibles parce que je me dis que peut-être la mort ne connait pas les délices du thé et que si je lui propose une tasse, je pourrais obtenir certaines faveurs. Je pourrais lui demander par exemple de m'organiser des rencontres avec des personnes que j'aime et que je n'ai pas pu rencontrer de mon vivant pour toutes sortes de raisons, dont la plus fondamentale est que nous n'étions pas du même coté de la mort.

Livres que vous avez toujours désiré lire, sans avoir jamais trouvé le temps de le faire?
Je ne peux pas vraiment me cacher derrière l'excuse du manque de temps car si je voulais, je pourrais en trouver. Mon problème est plus lié à l'état d'esprit dans lequel je peux me trouver et qui peut s'accorder plus ou moins bien avec la lecture d'un livre. Je peux parfois enchainer de longues heures sans sortir le nez d'un livre (voir plusieurs jours) ou comme c'est le cas en ce moment, ne pas lire pendant des semaines entières. Mais la liste des livres non-lus qui me font envie est immense. Cependant il y a des livres qui sont des envies que j'ai depuis longtemps comme Ulysse de Joyce ou plus récemment un livre de Fatou Diome... dont j'attends, dans une avarice avouée, la sortie en poche.

Vous croisez George Clooney dans l’ascenseur. “Quel genre de femme êtes-vous”, vous demande-t-il.
Je pense que le Quoirinophone à eu un petit problème au moment de créer cette question alors, je la change un peu.

Vous croisez Cat Power dans l’ascenseur. “Quel genre d'homme êtes-vous”, vous demande-t-elle.
Dans la réalité de tous les jours, je ne ferai jamais un tel geste mais là, je l'embrasserais sans un mot. Ce serait une forme de mensonge puisque ça serait un acte d'un homme qui serait mon contraire, mais qu'importe, je l'aurais embrassé.

Si vous en aviez eu le choix, auriez-vous préféré être un roi ou une reine?
Je ne demande pas à avoir le choix du sexe, ni celui d'avoir ou non la fève, par contre, je veux la plus grosse part de galette!

Préférez-vous nager dans une rivière ou dans la mer?
Je ne peux pas vraiment répondre car je n'ai jamais nagé dans la mer...ni dans une rivière. Je n'ai connu que les rivages dallés des piscines municipales.

Que devrions-nous faire en priorité pour la planète?
Un suicide de masse. Plus modérément, changer radicalement notre façon de vivre, comme cesser cette course à la production/consommation qui semble être la religion du temps présent. Mais bon, je suis pessimiste et je ne crois pas que l'homme soit capable de faire preuve d'intelligence à cette échelle là.

Et qu’aimeriez-vous que l’humanité fasse pour vous?
Qu'elle prenne un peu exemple sur moi! Désolé mais il fallait bien que je glisse une réponse mégalomane dans ce texte!

Votre petit-déjeuner habituel?
Il est plutôt léger, en général soit un thé ou un café avec, si j'ai le temps, quelque chose pour accompagner comme une tartelette, une petite brioche ou un yaourt.

Aimez-vous écrire la nuit?
Si je m'en tiens aux faits, c'est la nuit que j'écris la plupart du temps. Par écrire j'entends acte d'écrire, pas de notion de "littérature" dans ce mot. Là encore, c'est un peu comme pour la lecture, mon envie d'écrire est lié à l'état intérieur dans lequel je me trouve. Je crois qu'il n'y a que le matin où j'aurais du mal à écrire quelque chose.

La dernière fois que vous étiez ivre?
Je le suis rarement puisque je ne bois pas très souvent et lorsque c'est le cas, c'est plus pour le plaisir de la boisson en elle-même que pour atteindre l'ivresse. Disons que je préfère déguster un verre de kir ou une pinte de bière irlandaise que de m'enfiler sans plaisir des demis de marque douteuse. Ceci dit, je ne suis pas ange et j'aime les effets de l'alcool quand ils restent dans l'ordre du raisonnable. La dernière fois que j'étais vraiment ivre remonte à quelques années déjà...

Pensez-vous que de grandes œuvres comme “Hamlet” ou “Don Quichotte” sont encore à venir?
Impossible à dire. Que quelqu'un soit capable d'écrire une œuvre qui soit de la même force, j'en suis certains mais que celle-ci soit mise à la connaissance du monde, je suis moins sûr...

Le plus gros mensonge de votre vie?
Je ne vois pas... (ceci est un gros mensonge)

Que transportez-vous dans vos poches?
Du vent.

Un désir en particulier?
Oui mais je ne peux pas tout exposé ici... Parmi les petits désirs du moment, j'aimerais pouvoir passer un weekend à Paris pour découvrir cette ville au moment de Noël et surtout pouvoir rendre visite à une amie. J'aimerais ne pas me dire que pour la première fois, je ne vais pas acheter un album de Cat Power. J'aimerais que la vie soit un peu plus douce pour certaines personnes que je connais. J'aimerais de la neige pour Noël et pouvoir me nourrir de biscuits apéritifs au fromage à volonté sans avoir le risque de boucher mes artères.

Que diriez-vous d’un barbecue sympa avec Gustave Flaubert un de ces jours?
Je ne connais pas vraiment Gustave, si il est bon compagnon dans ces moments là... mais ça serait stupide de rater l'occasion de cette rencontre surtout si il connait le secret d'une bonne sauce barbecue.

Paysage préféré?
Pour n'en citer qu'un (parmi beaucoup) une lande écossaise

Période de la journée que nous n’aimez pas?
En règle générale les premières heures de la journée. Si c'est une journée de travail, la période que je n'aime pas est un peu plus longue...

Dernier mot que vous aimeriez prononcer avant de mourir (mieux vaut prévoir la chose pour le cas où rien de bon ne viendrait à l’esprit le moment venu)?
"Pouce!"

Un boulot que vous n’auriez jamais pu faire?
Mannequin. Je me devais de faire une réponse modeste pour équilibré cette note après ma réponse "mégalomane"

Citation préférée que vous pourriez vous faire tatouer sur le bras?
Je suis moyennement emballé par l'idée d'un texte comme tatouage, par contre je sais déjà ce que j'aimerais comme dessin si un jour l'envie de prenait de m'en faire faire un.

Quand il se met à pleuvoir, vous continuez de marcher au risque d’être trempé, ou vous vous abritez au risque de manquer votre rendez-vous?
Ni l'un ni l'autre! Je continue de marcher sous la pluie mais pas parce que j'ai peur d'un quelconque retard mais simplement parce que j'aime le pluie. C'est d'autant plus vrai si c'est une pluie fine et douce d'été et un peu moins vrai si c'est une grosse averse un matin d'octobre en attendant le bus pour aller au chagrin.

Si vous aviez la possibilité de voyager dans le passé, quel siècle aimeriez-vous visiter?
En tant que personne qui aime l'histoire, c'est un choix délicat. Mais dans un moment de folie, je crois que j'aimerais vivre certaines pages d'histoire pour voir comment je réagirai face à ces événements.

Vous arrive-t-il de manger du pop-corn au cinéma?
Jamais. (une réponse tranchante comme une lame)

Décrivez l’endroit où vous écrivez.
J'ai un bout de note qui traine où j'en parle justement alors je garde encore un peu le mystère...

Les personnes qui se sentent inspirées peuvent bien sûr reprendre ce questionnaire!

The Organ - "Even In The Night"

EDIT: De nouveaux éléments viennent de se faire connaitre! Je change donc une de mes réponses et à la question:
Que diriez-vous d’un barbecue sympa avec Gustave Flaubert un de ces jours?
Je réponds à présent: "Pas avec ce petit monsieur!"
Le pourquoi de ce changement sera pour un prochain jour...